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L’Amassada

 

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L’Amassada est habitée de manière permanente depuis un an déjà. En effet, en septembre 2018, des membres de la lutte ont lancé un appel à venir s’installer sur le plateau de Saint-Victor. Occuper l’Amassada, ce n’est pas juste dormir sur place, c’est y construire un quotidien, rechercher une autonomie, se réapproprier des savoirs. Malgré la présence hostile de la police et la menace permanente de destruction des lieux, nous avons souhaité nous inscrire sur le territoire et nous projeter dans le temps. Constructions, potagers, événements, assemblées ont rythmé notre vie ici.

L’occupation ne nous a pas isolés du reste du monde. Au contraire, le début du printemps a été pour nous l’occasion de nous déplacer, d’aller voir d’autres lieux, de créer des liens avec les gens que nous rencontrions. Au fil des moments partagés, des rires, des craintes, etc …, de la confiance se crée, et c’est avec beaucoup de plaisir que l’on recroise, parfois à l’Amassada, parfois ailleurs, des personnes rencontrées dans l’année. Des liens forts, des amitiés, des amours se développent et c’est tout une nouvelle cartographie qui s’ouvre à nous en fonction de potes habitant dans un village à côté ou de lieux de lutte en Allemagne, en Angleterre ou à l’autre bout de la France.

Les rencontres se font aussi entre occupant.e.s où l’on apprend à vivre ensemble, à évoluer dans nos modes de pensées et dans les actes. Le quotidien est animé par des réflexions et une volonté de déconstruction effective des rapports de domination et d’oppression systémique, c’est-à-dire de construire des rapports sociaux émancipateurs. Chacun.e d’entre nous porte des différences que nous ne voulons pas taire quitte à s’engueuler et à admettre finalement que nous ne sommes pas d’accord. Nous sommes des êtres humains, on s’aime, on se prend la tête, on sera toujours là et ailleurs.

Nous avons essayé de rendre agréable et chaleureux un endroit hostile. L’hiver a été très froid et venteux, les flics sont venus plusieurs fois. Le contact avec les alentours n’a pas été toujours facile : boite aux lettres cassées, pare-brise éclatés, panneaux volés, etc … Heureusement, nous pouvons compter sur un réseau de soutiens proche qui luttent depuis des années et avec lesquelles nous tenons entre autres l’assemblée hebdomadaire.

Nous nous sommes senties souvent seul.e.s face à l’arsenal répressif, infiniment petit.e.s par rapport à nos ennemis, folles et fous de par les luttes que l’on essaye de porter ici et incompris.e.s parfois, mais l’affinité qui nous unit nous a permis de dépasser cela.

Il semble que pour beaucoup de gens, s’installer sur une occupation soi-disant « illégale » fasse de nous des personnes radicales. Et bien, si être radicale signifie vouloir et agir pour un changement profond, à la racine de ce système et être prêt.e.s à mettre nos corps en jeu dans cette lutte, alors nous sommes radicales. Mais nous n’aimons pas les étiquettes, nous sommes ici pour lutter et vivre.

La simple pensée ne suffit pas pour en finir avec ce système oppressif. Nous devons également nous organiser pour mener des actions concrètes de destruction de ce monde à travers notamment le sabotage, le squat, la présence dans les événements avec lesquels nous ne sommes pas d’accord. Se battre, pour la vie, pour la liberté, pour l’anarchie, ne plus se soumettre aux lois, à l’autorité. Agir, détruire, reconstruire sous d’autres formes. Pas de compromis, pas d’association, de laisser-faire avec ceux qui gèrent le pouvoir. Ne pas construire sans mais construire sur les ruines que nous aurons nous-mêmes faites. Nous sommes du côté de celles et ceux qui luttent pour la vie. Occuper, c’est lutter avec notre corps, apporter une lueur d’espoir. Finalement arracher à cette société un espace où il est possible de nous organiser avec la détermination commune de refuser le méga-transfo de RTE et son monde.

Le faite de ne pas être seulement opposé.e.s aux grands projets inutiles, nuisibles et imposés mais y associer l’idée de « et son monde » implique la volonté de se détacher des normes imposés par le système capitaliste. C’est aussi l’idée de créer des espaces d’autonomie, de se déconstruire au quotidien, c’est-à-dire de proposer en actes à quoi pourrait ressembler une société puis désirable.

Si tu te reconnais dans ce qui est porté ici à la Libre Commune de l’Amassada, nous t’invitons à nous rejoindre dans l’occupation. Il y a la possibilité de poser de nouvelles caravanes, de construire des cabanes et le dortoir est toujours disponible pour dormir.


Vive la Libre Commune de l’Amassada !

The Amassada has been permanently inhabited for a year now. Indeed, in September 2018, members of the fight launched a call to settle on the plateau of Saint-Victor. To occupy the Amassada is not just to sleep on the spot, it is to build a daily life there, to seek an autonomy, to reclaim some knowledge. Despite the hostile presence of the police and the constant threat of destruction of the premises, we wanted to register on the territory and project ourselves in time. Buildings, vegetable gardens, events, assemblies have punctuated our lives here.

The occupation has not isolated us from the rest of the world. On the contrary, the beginning of spring was an opportunity for us to move, to see other places, to create links with the people we met. Through shared moments, laughs, fears, etc …, confidence is created, and it is with great pleasure that we meet again, sometimes at the Amassada, sometimes elsewhere, people met in the year. Strong ties, friendships, loves develop and it’s all a new map that opens to us based on friends living in a village next door or places of struggle in Germany, England or the other end of France.

The meetings are also between occupants.es where one learns to live together, to evolve in our modes of thought and in the acts. The daily life is animated by reflections and a will to deconstruct effectively the relations of domination and systemic oppression, that is, to build emancipatory social relations. Each one of us has differences that we do not want to keep quiet about, and finally admit that we do not agree. We are human beings, we love each other, we take the lead, we will always be there and elsewhere.

We tried to make a nice and warm place a hostile place. The winter was very cold and windy, the cops came several times. The contact with the surroundings has not always been easy: broken mailboxes, broken windshields, stolen panels, etc … Fortunately, we can count on a network of close supporters who have been fighting for years and with whom we hold between others the weekly assembly.

We have often felt alone in the face of the repressive arsenal, infinitely small in relation to our enemies, mad and mad by the struggles we try to carry here and sometimes misunderstood, but the affinity which unites us has allowed us to go beyond that.

It seems that for many people, settling on so-called “illegal” occupation makes us radical people. Well, if being radical means wanting and acting for a profound change, at the root of this system and being ready to put our bodies at stake in this struggle, then we are radical. But we do not like labels, we are here to fight and live.

Simple thinking is not enough to put an end to this oppressive system. We must also organize ourselves to carry out concrete actions of destruction of this world through especially the sabotage, the squat, the presence in the events with which we do not agree. To fight, for life, for liberty, for anarchy, to no longer submit to laws, to authority. To act, to destroy, to rebuild in other forms. No compromise, no association, laissez-faire with those who manage power. Do not build without but build on the ruins that we will have made ourselves. We are on the side of those who are fighting for life. To occupy is to fight with our body, to bring a glimmer of hope.

The fact of not being only opposed to the great useless, harmful and imposed projects but to associate the idea of ​​”and its world” implies the will to detach oneself from the norms imposed by the capitalist system. It is also the idea of ​​creating spaces of autonomy, of being deconstructed on a daily basis, that is, of proposing in action what a society could look like and desirable.

If you recognize yourself in what is brought here to the Free Municipality of Amassada, we invite you to join us in the occupation. There is the possibility to put new caravans, to build cabins and the dormitory is always available to sleep.

Long live the Free Municipality of Amassada!